Le gros œuvre : l’essentiel de la construction
Le gros œuvre constitue la fondation de tout projet de construction, qu’il s’agisse d’une résidence principale, d’un immeuble commercial ou d’une rénovation d’envergure. Il représente l’ensemble des travaux qui assurent la stabilité, la solidité et la pérennité de la structure bâtie. Ignorer ou négliger cette phase primordiale revient à construire sur des sables mouvants, exposant l’édifice à des risques de dégradations prématurées, voire à des risques structurels majeurs. Cet article se propose de détailler les composantes essentielles du gros œuvre, en soulignant leur importance capitale pour la réussite et la durabilité de votre projet. Pour commencer, n’hésitez pas à Lancer votre projet de construction avec des experts qualifiés.
Les fondations sont le pilier silencieux sur lequel repose l’intégralité de votre construction. Elles ont pour rôle de transmettre les charges du bâtiment au sol, tout en assurant sa stabilité et sa résistance aux forces extérieures, qu’il s’agisse du poids propre de la structure, des contraintes climatiques (vent, neige) ou des mouvements naturels du terrain. Une étude de sol préalable est donc une étape incontournable pour une conception de fondations juste et conforme aux spécificités du site.
1.1. L’Étude de Sol : La Boussole du Constructeur
Avant même de dessiner les premiers plans, une reconnaissance du terrain s’avère indispensable. Cette étude détermine la portance du sol, sa composition, sa teneur en eau, et identifie la présence d’éventuels risques (cavités, nappes phréatiques, argiles gonflantes). Les résultats de cette analyse orientent le choix du type de fondations le plus approprié, garantissant ainsi une assise solide et pérenne pour la future bâtisse. Négliger cette étape, c’est comme naviguer sans carte en pleine tempête : le risque d’un naufrage (une pathologie structurelle) est considérable.
1.2. Les Différents Types de Fondations
Le choix du type de fondations dépendra des conclusions de l’étude de sol et de la nature de la construction.
1.2.1. Les Fondations Superficielles
Ces fondations sont généralement utilisées lorsque le sol stable se trouve à faible profondeur. Elles sont moins coûteuses et plus rapides à mettre en œuvre.
1.2.1.1. Les Fondations en Semelles Filantes
Couramment employées pour les maisons individuelles, les semelles filantes sont des bandeaux de béton armé qui reposent directement sur le sol support. Elles répartissent uniformément la charge des murs porteurs sur une largeur accrue.
1.2.1.2. Les Fondations en Semelles Isolées
Utilisées pour supporter des poteaux ou des éléments ponctuels de structure, les semelles isolées sont des blocs de béton armé de forme carrée ou rectangulaire.
1.2.1.3. Les Radier Général
Dans certains cas, particulièrement sur des sols de faible portance ou lorsque les charges sont très importantes et réparties, un radier général peut être utilisé. Il s’agit d’une dalle de béton armé de grande épaisseur qui recouvre toute la surface de l’emprise du bâtiment, répartissant ainsi les charges sur une large zone.
1.2.2. Les Fondations Profondes
Lorsque le sol de bonne portance est situé à une profondeur importante, il est nécessaire de recourir à des fondations profondes pour atteindre ce niveau.
1.2.2.1. Les Pieux
Les pieux sont des éléments structuraux de grande longueur (en béton, bois ou métal) enfoncés dans le sol jusqu’à une couche stable. Ils transmettent les charges du bâtiment aux strates profondes du terrain.
1.2.2.2. Les Micropieux
Similaires aux pieux, les micropieux sont de plus petit diamètre et sont souvent utilisés dans des contextes urbains denses où l’accès est limité, ou pour renforcer des structures existantes.
1.3. Le Chaînage : Relier les Murs pour une Stabilité Renforcée
Le chaînage est un élément essentiel qui ceinture les murs porteurs au niveau des fondations. Il s’agit généralement d’une poutre en béton armé qui relie solidement les murs entre eux, créant ainsi une structure monolithique et résistant aux tensions et aux mouvements différentiels du sol. Le chaînage distribue homogénéement les contraintes et empêche la fissuration des murs due aux tassements ou aux contraintes de flexion.
2. Les Murs Porteurs : La Charpente Verticale de la Structure
Les murs porteurs constituent l’échine de la construction. Ils supportent le poids des planchers supérieurs, de la toiture et transmettent ces charges aux fondations. Leur conception et leur construction revêtent une importance capitale pour la stabilité globale de l’édifice.
2.1. Les Matériaux de Construction des Murs Porteurs
Le choix des matériaux influence la résistance, l’isolation thermique et phonique, ainsi que l’esthétique de la façade.
2.1.1. Les Murs en Maçonnerie Traditionnelle
La brique, le parpaing (béton de granulats) et la pierre sont des matériaux éprouvés pour la construction de murs porteurs. Ils offrent une bonne résistance mécanique et une durabilité reconnue. La mise en œuvre nécessite un savoir-faire précis pour assurer la bonne répartition des charges et l’étanchéité.
2.1.1.1. Les Blocs en Béton
Les blocs en béton, couramment appelés parpaings, sont économiques et faciles à poser. Ils peuvent être creux ou pleins, offrant différentes caractéristiques thermiques et acoustiques.
2.1.1.2. Les Briques
Les briques, qu’elles soient pleines, creuses, alvéolées ou en terre cuite, offrent une excellente inertie thermique et un aspect esthétique apprécié. Leur utilisation demande un mortier adapté et une certaine dextérité.
2.1.1.3. Les Pierres Naturelles
Les murs en pierre confèrent une robustesse et une esthétique intemporelle. Ils demandent un travail de tailleur de pierre qualifié et un mortier de liaison adapté à la nature de la pierre.
2.1.2. Les Murs en Béton Armé
Le béton armé, composé de béton et d’armatures métalliques, offre une résistance mécanique exceptionnelle. Il est utilisé pour les constructions de grande hauteur, les bâtiments industriels ou lorsque des contraintes structurelles importantes sont à prévoir.
2.1.2.1. Le Coffrage et le Ferraillage
La construction de murs en béton armé nécessite la mise en place de coffrages pour mouler le béton, puis l’insertion d’armatures métalliques (fettiges) selon des plans précis pour assurer la résistance à la traction et à la compression.
2.1.2.2. Le Coulage du Béton
Une fois le coffrage et le ferraillage en place, le béton est coulé et vibré pour éliminer les bulles d’air et assurer une bonne compacité.
2.2. Les Ouvertures dans les Murs Porteurs
La percées nécessaires à l’installation des portes et fenêtres doivent être réalisées avec soin pour ne pas compromettre l’intégrité structurelle des murs.
2.2.1. Les Linteaux
Les linteaux sont des éléments de renfort placés au-dessus des ouvertures pour supporter le poids des matériaux situés au-dessus. Ils peuvent être réalisés en béton armé, en acier ou en maçonnerie spéciale.
2.2.2. Les Jambages et Semelles d’Appui
Les jambages sont les supports verticaux de chaque côté de l’ouverture, et une semelle d’appui peut être nécessaire en dessous pour redistribuer les charges.
3. Les Planchers : Séparer les Espaces et Transmettre les Charges

Les planchers sont des éléments horizontaux qui séparent les différents niveaux d’un bâtiment et supportent les charges d’occupation (personnes, meubles). Ils transmettent également ces charges aux murs porteurs ou aux poteaux.
3.1. Les Différents Types de Planchers
Le choix du système de plancher dépend de la portée à franchir, des charges à supporter, des contraintes acoustiques et thermiques, ainsi que du budget.
3.1.1. Les Planchers en Béton
Les planchers en béton armé sont les plus courants dans le gros œuvre en raison de leur résistance, leur durabilité et leur capacité à supporter des charges importantes.
3.1.1.1. Les Planchers à Dalle Pleine
Il s’agit de dalles de béton armé coulées sur place ou préfabriquées. Elles offrent une bonne résistance acoustique mais peuvent être lourdes.
3.1.1.2. Les Planchers Préfabriqués (poutrelles et hourdis)
Ce système utilise des poutrelles préfabriquées (souvent en béton précontraint) sur lesquelles sont posés des hourdis (éléments légers en béton creux ou en polystyrène). L’ensemble est ensuite complété par un béton de répartition. C’est une solution efficace pour réduire le poids et le temps de construction.
3.1.2. Les Planchers en Bois
Les planchers en bois, traditionnellement construits avec des poutres et des solives porteuses, sont appréciés pour leur aspect chaleureux et leur légèreté.
3.1.2.1. Les Solivages
Les solives sont des poutres en bois qui supportent le platelage (planches, panneaux). La dimension et l’espacement des solives sont calculés en fonction des charges et de la portée.
3.1.2.2. L’Isolation Phonique et Thermique
L’ajout de matériaux isolants entre les solives est crucial pour améliorer le confort acoustique et thermique entre les étages.
3.1.3. Les Planchers Mixtes
Ce type de plancher combine la résistance du béton avec la légèreté et la rapidité de mise en œuvre d’autres matériaux.
3.1.3.1. Les Planchers Collaborants
Ils sont constitués de tôles nervurées en acier servant de coffrage perdu et d’armature, sur lesquelles est coulé du béton. Le béton et l’acier travaillent ensemble pour former un plancher résistant et rigide.
3.2. Le Chaînage des Planchers
Comme pour les fondations, les planchers sont souvent équipés de chaînages périphériques, généralement en béton armé, qui viennent lier les éléments porteurs et assurer une meilleure répartition des charges et une rigidité accrue de l’ensemble.
4. L’Assainissement et le Drainage : Protéger le Bâtiment de l’Humidité

Bien que parfois considérés comme une étape distincte, les systèmes d’assainissement et de drainage sont intrinsèquement liés au gros œuvre, car ils garantissent la protection de la structure contre les effets néfastes de l’eau.
4.1. L’Assainissement : Évacuer les Eaux Usées
L’assainissement concerne la collecte et l’évacuation des eaux usées domestiques (sanitaires, cuisine). Sa mise en œuvre relève du gros œuvre dans la mesure où les canalisations sont intégrées dans la structure lors de sa construction.
4.1.1. Le Réseau Gravitaire
Le système le plus couramment utilisé repose sur la gravité pour l’écoulement des eaux vers le réseau public ou une fosse septique. Une pente adéquate des canalisations est essentielle.
4.1.2. Les Systèmes Collectifs et Individuels
Selon le lieu de construction, l’assainissement sera raccordé au réseau d’égouts communal ou nécessitera la mise en place d’une installation individuelle (fosse septique, micro-station d’épuration).
4.2. Le Drainage : Gérer les Eaux Pluviales et Souterraines
Le drainage vise à évacuer l’eau présente dans le sol autour des fondations pour prévenir les problèmes d’humidité, de salpêtre et de dégradations structurelles.
4.2.1. Le Drainage Périmétrique
Il consiste à installer un réseau de tuyaux filtrants en partie basse des fondations, collectant l’eau du sol et la dirigeant vers un exutoire (fossé, puisard, réseau pluvial).
4.2.2. L’Étanchéité Périphérique
Complémentaire au drainage, l’application d’un enduit bitumineux ou de membranes d’étanchéité sur les parois enterrées des fondations empêche l’infiltration directe de l’eau.
5. La Charpente : Le Squelette de la Toiture
| Élément | Description | Unité | Quantité moyenne | Durée estimée |
|---|---|---|---|---|
| Fondations | Travaux de creusement et coulage des fondations | m³ | 30 – 100 | 1 à 2 semaines |
| Murs porteurs | Construction des murs en béton ou parpaings | m² | 100 – 300 | 2 à 4 semaines |
| Planchers | Pose des planchers en béton armé | m² | 50 – 150 | 1 à 3 semaines |
| Charpente | Installation de la charpente en bois ou métal | m² | 80 – 200 | 1 à 2 semaines |
| Toiture | Pose de la couverture (tuiles, ardoises, etc.) | m² | 80 – 200 | 1 à 2 semaines |
La charpente est la structure porteuse de la toiture, supportant la couverture (tuiles, ardoises, tôles) et résistant aux charges dues au vent et à la neige. Elle assure la forme et la stabilité de la toiture, élément protecteur essentiel du bâtiment.
5.1. Les Matériaux de Charpente
Le choix du matériau impacte la résistance, le poids, la durabilité et le coût de la charpente.
5.1.1. Les Charpentes en Bois
C’est le matériau traditionnel par excellence, apprécié pour sa légèreté, sa facilité de mise en œuvre et son aspect écologique.
5.1.1.1. La Charpente Traditionnelle
Composée de pièces de bois massifs (pannes, chevrons, arbalétriers) assemblées de manière complexe, elle offre une grande robustesse et permet des formes architecturales variées.
5.1.1.2. La Charpente Industrielle (Ferme)
Des éléments préfabriqués en atelier, appelés fermes, sont assemblés en série. Cette solution est plus rapide à monter et souvent plus économique pour les toitures de formes régulières.
5.1.2. Les Charpentes Métalliques
Utilisées pour les grandes portées, les bâtiments industriels ou les constructions modernes, elles offrent une résistance exceptionnelle et une grande durabilité.
5.1.2.1. L’Acier
L’acier est le matériau le plus courant pour les charpentes métalliques. Il peut être assemblé par soudage ou boulonnage.
5.1.2.2. L’Aluminium
L’aluminium est plus léger que l’acier et résistant à la corrosion, mais aussi plus coûteux.
5.2. La Structure de la Charpente
La charpente se compose de plusieurs éléments structurels interconnectés.
5.2.1. Les Pannes
Ce sont les pièces horizontales qui soutiennent les chevrons ou les fermes. On distingue les pannes faîtières (au sommet), les pannes intermédiaires et les pannes sablières (en bas, appuyées sur les murs).
5.2.2. Les Chevrons et Les Caissons
Les chevrons sont les pièces inclinées qui descendent des pannes vers les gouttières. Leurs dimensions et leur espacement sont calculés pour supporter la couverture. Dans certaines charpentes modernes, des caissons préfabriqués remplacent chevrons et liteaux.
5.2.3. Les Fermes
Lorsque la portée est trop importante pour des chevrons seuls, des fermes (structures triangulaires) sont utilisées pour redistribuer les charges.
5.2.4. Le Faîtage et les Rives
Le faîtage est le sommet de la toiture, et les rives se situent sur les bords. Ce sont des points stratégiques où une attention particulière est portée à l’étanchéité et à la finition.
En conclusion, le gros œuvre est la pierre angulaire de toute édification réussie. Chaque étape, de la préparation minutieuse du sol à l’édification de la charpente, joue un rôle déterminant dans la solidité, la sécurité et la longévité de votre projet. Investir dans la qualité du gros œuvre, c’est construire avec confiance, en minimisant les risques et en garantissant la valeur sur le long terme de votre investissement immobilier. Une bonne compréhension de ces éléments fondamentaux vous permettra d’échanger plus efficacement avec les professionnels et de prendre des décisions éclairées tout au long du processus de construction ou de rénovation.
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FAQs
Qu’est-ce que le gros œuvre dans la construction ?
Le gros œuvre désigne l’ensemble des travaux qui assurent la solidité et la stabilité d’un bâtiment. Il comprend notamment les fondations, les murs porteurs, la charpente, la toiture, et les planchers.
Quels sont les principaux matériaux utilisés pour le gros œuvre ?
Les matériaux couramment utilisés pour le gros œuvre sont le béton, la brique, la pierre, le parpaing, l’acier pour la charpente, ainsi que le bois dans certains cas.
Quelle est la différence entre gros œuvre et second œuvre ?
Le gros œuvre concerne la structure et la solidité du bâtiment, tandis que le second œuvre regroupe les travaux de finition comme l’isolation, les cloisons, les revêtements, la plomberie et l’électricité.
Pourquoi le gros œuvre est-il important dans un projet de construction ?
Le gros œuvre est essentiel car il garantit la stabilité, la sécurité et la durabilité du bâtiment. Sans un gros œuvre bien réalisé, le bâtiment risque des défauts structurels graves.
Combien de temps dure généralement la phase de gros œuvre ?
La durée du gros œuvre dépend de la taille et de la complexité du projet, mais elle peut varier de quelques semaines à plusieurs mois pour une maison individuelle ou un bâtiment plus grand.



